Mensonge et politique

Chers Amis,

Je vous invite à lire la « revue des deux mondes » (novembre 1998) qui risque de devenir collector.

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Extrait de l’éditorial :

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« N’avouez jamais » la phrase fameuse de Landru, proférée lors de sa condamnation, revêt depuis l'affaire Clinton une valeur sinistrement comique.

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Le mensonge, en l'occurrence, a desservi plus qu'il n'a protégé l'infortuné Président, qui, selon toute apparence, aura du mal à se défendre de la procédure « d'impeachment ». Sans même traverser l'Atlantique, le mensonge en politique n'est pas chose inconnue en France. Les multiples mises en examen de nos hommes politiques, suspectés d'avoir dissimulé des complicités d'abus de biens sociaux, en témoignent avec assez d'éloquence. L'actualité appelait donc de notre part un dossier consacré à ce thème dangereux : mensonge et politique sont-ils condamnés à vivre ensemble comme la baleine et le rémora ? L'homme politique, dans nos sociétés démocratiques, est-il condamné à dissimuler la vérité, non seulement dans le dessein égoïste de faire renouveler son mandat, mais pour le bien même des électeurs ? « Il se peut que la vérité soit triste" murmurait Renan à la fin du siècle dernier. Il est avéré que la vérité est souvent insupportable à entendre et même, en certains cas, mortelle.

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Depuis la Renaissance italienne, le machiavélisme puis le concept de raison d'Etat se sont efforcés de légitimer l'utilité, voire le bienfait du mensonge, de la dissimulation, en politique. Les Jésuites, de leur côté, ont admis qu’'un mensonge pieux » était parfois un bien. Contre ces théories pragmatiques sinon cyniques, Emmanuel Kant se devait de réagir en affirmant l'universalité de la loi morale et le caractère condamnable de tout mensonge. Ce faisant, le philosophe de Kônigsberg s'inscrivait dans la tradition de la philosophie stoïcienne, selon laquelle mentir est faire affront à la nature de l'univers. Ce rigorisme inflexible, renforcé par les Pères de l'Eglise, devait connaître au XVIème siècle - à cause du changement de la nature de la guerre - l'infléchissement auquel Niccolo Machiavel a donné son nom. »

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Et à notamment y découvrir les textes de Charles Benoist publiés en 1906 (Le machiavélisme avant Machiavel), de Bertrand Levergeois (L'Arétin ou le prix de la vérité), Alessandro Fontana (Un certain mauvais génie) et Dominique de Gramont (L'heuristique du mensonge).

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Après lecture, nul doute qu'aucun d'entre vous n'ira participer à la manifestation du dimanche 5 mars. patrice gassenbach patrice gassenbach




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